Printemps des poètes

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Taras Chevtchenko Extrait de « Le Caucase », poème traduit par Eugène Guillevic

un massif montagneux entouré de nuages,
tout couvert de chagrin, tout arrosé de sang.

[…]

Pour toi donc l’exil à ton tour, mon seul ami
Mon bon Jacob. Ce n’est certes pas pour l’Ukraine
Mais c’est pour son bourreau que tu répands ton sang.
Tu as dû boire le calice moscovite,
Le poison moscovite il t’a fallu le boire.
Mon bon ami Jacob, inoubliable ami,
Que ton âme toujours vive dans notre Ukraine :
Vole au-dessus des berges avec les Cosaques,
Cherche les tombes remuées parmi la steppe,
Verse de tristes larmes avec les Cosaques.
Attends-moi dans la steppe à mon retour d’exil.

En attendant cet heureux jour,
Mes pensées, ma peine féroce,
Je les sèmerai ; qu’elles croissent,
Qu’elles causent avec le vent.
Et le vent doux de notre Ukraine
Avec la rosée portera
Mes pensées au loin jusqu’à toi
Ami, tu les accueilleras,
Pleurant des larmes fraternelles,
À voix basse tu les liras,

Tu te souviendras de la steppe, Et des tombes et de la mer
Et tu te souviendras de moi.

(1845)

Taras Chevtchenko est né en 1814 dans une famille de paysans serfs, au sud de Kiev, dans l’empire russe ayant absorbé l’Etat cosaque, ancêtre de l’Ukraine.

 

 

 

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