Vivi BERNARD
Ni la sonnerie du réveil ni la réalisation de choses difficiles ni une rencontre inattendue ni une performance sportive ni la concrétisation de travaux ni une visite-surprise ni un échange furtif ni des tartines grillées ni l’accomplissement d’une corvée ni l’oubli d’un ami ni l’abondance du repas ni une réussite sur soi-même ni le non-aboutissement d’un projet ni la prise de conscience de l’intemporel ni la luminosité du soir ni le roucoulement de deux tourterelles ni le merle sur la haie
Car le mal est trop profond
Ni le mal-être du chat ni la promesse non tenue ni les moments difficiles ni ce qui pèse ni le geste attentionné ni la magnificence des pivoines arbustives ni les grappes odorantes de la glycine ni la senteur des genêts sauvages ni l’attention d’un ami ni la présence familière ni la lecture qui absorbé ni les pensées venant d’ailleurs ni la hampe d’orchidée offerte à la voisine ni les bons résultats d’analyses ni l’originalité de la photo ni les précautions prises
Car la solitude est trop lourde
Ni la découverte d’un lieu classé ni le soutien d’un ami, ni l’invitation chaleureuse à un brunch ni la générosité d’une amie ni la variété des programmes ni la perspective d’un voyage ni l’initiative récompensée ni l’accueil chaleureux ni le journal des gratitudes ni la curiosité du monde ni les essais infructueux ni les tentatives maladroites ni l’inquiétude en informatique ni ni les bons résultats dans un domaine particulier ni les efforts accomplis ni les séparations d’êtres chers ni les invitations spontanées ni les résolutions tenues
Car la vie est ingrate