Sylvette SIMON
Ma colère gronde
Quand je lis ton nom doré
Sur la stèle couronnée de buis,
Si froide et dure
Sous le tilleul de l’église.
Jeune résistant mort au printemps,
Tu ne cueilleras plus
Les framboises de l’aurore,
Le long des sentiers rocailleux.
Dans la salle sombre aux senteurs rustiques,
Le feu de l’âtre ne te réchauffera plus
Alors que la bise hurle sa folie
En raclant la terre gelée
Et que les bêtes bougent dans l’étable.
La jeune fille aux cheveux roux,
Virginaledans ses habits du dimanche,
Ne t’attendra plus à la croisée des chemins,
Près du calvaire des temps anciens
Et tu ne serreras jamais la menotte d’un enfant,
Toi, presqu’un enfant.
Alors que les rouages de ta jeune vie
Se sont brutalement figés
Et que tes yeux se sont fermés
Sur des rêves simples et beaux,
Je te dédie l’écume des torrents,
La tendresse étoilée de la mousse,
Le parfum d’un matin idéal…
Mais tout cela est vain.
Tu n’es plus rien,
Rien qu’un hommage dans mon cœur,
S’envolant comme une plume
Quand je lis ton nom doré
Sur la stèle couronnée de buis.