« Les toiles du temps »

Vivi BERNARD

Derrière la rouille de la croisée
mon regard suit le halo irréel
qui l’attire dans un monde
à l’abandon.
Je me refuse à n’y voir que les roses d’un autre temps.
Je me fonds avec langueur dans leur transparence.
Mes yeux se brouillent.
Tout est si confus…
Un voile épais de toiles d’araignées
s’ingénie à réduire ce jardin d’autrefois
à une photo surannée…
Blottie dans l’épaisseur de l’encadrement de ma vie,
la fragilité de ce monde diaphane
me saute aux yeux.
Roses délicates, prisonnières du destin,
Roses que je ne peux laisser engloutir par l’oubli…
Mon regard s’appesantit
sur cette source lumineuse diffuse…
J’y devine le reflet flou de nos visages.
Je reste perplexe sur la fragilité du souvenir.
Le clair-obscur favorise une trouée dans cet enchevêtrement.
Nos ombres s’y perdent pour mieux s’y rejoindre.
Elles se fondent l’une dans l’autre
à l’infini
dans notre solitude à deux,
intimement…

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